L’essentiel
- Ce que montrent les essais. Les méta-analyses d’essais contre placebo rapportent en moyenne des scores de douleur plus bas sous collagène oral dans l’arthrose (Simental-Mendía, 2025 : 11 essais, 870 participants), mais les résultats varient beaucoup d’un essai à l’autre (hétérogénéité I² de 75 à 88 %). Pour l’ensemble des compléments testés dans l’arthrose, la qualité de la preuve est jugée très basse dans la revue de Liu, 2018.
- Ce que dit le régulateur. L’EFSA a conclu en 2011 qu’un lien de cause à effet n’est pas établi entre la consommation de collagène hydrolysé et le maintien des articulations (avis EFSA). L’arthrose étant une maladie, le droit alimentaire européen interdit d’attribuer à un complément alimentaire une propriété de prévention ou de traitement de cette maladie (règlement (UE) n° 1169/2011, art. 7).
- Ce que recommandent les médecins. L’exercice et, en cas de surpoids, la perte de poids passent en premier (ACR et Arthritis Foundation, 2019 ; ESCEO, 2019 ; Inserm). Le collagène ne figure pas parmi les approches recommandées dans le résumé de l’ACR.
- Précautions. Un complément de collagène ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical. Avis médical en cas d’allergie au poisson, à l’œuf ou à une autre source animale, de grossesse ou de traitement en cours.
Le collagène est la protéine la plus abondante du corps humain : environ 30 % de la masse totale des protéines, et la trame de la peau, des os, des tendons et du cartilage (Ricard-Blum, 2011). D’où l’idée, très répandue, d’en consommer pour les articulations. Cette page fait le point sur ce que les études publiées montrent réellement, ce qu’elles ne montrent pas, et ce que recommandent les sociétés savantes. Elle est publiée par Nov’Acti, marque de compléments alimentaires : aucun produit Nov’Acti n’y est présenté comme une réponse à l’arthrose.
Qu’est-ce que l’arthrose ?
L’arthrose est une maladie chronique de l’articulation, la plus répandue selon l’Inserm. Le cartilage se détruit, la membrane qui tapisse l’articulation s’enflamme et l’os situé sous le cartilage se remodèle. Elle provoque douleurs et raideurs. Elle touche 3 % des moins de 45 ans, 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans (Inserm, 2022).
Les facteurs de risque identifiés par l’Inserm sont l’âge, la surcharge pondérale, le port répété de charges lourdes, les désordres métaboliques (diabète, hypertension, excès de graisses dans le sang), les séquelles de traumatisme et la génétique. Au genou, la douleur est dite mécanique : elle apparaît ou s’aggrave à l’effort, s’apaise au repos, et le dérouillage matinal dure moins de quinze minutes (Ameli). Le diagnostic repose sur un examen médical et des radiographies : il ne se fait pas seul. Pour la définition du cartilage et de son usure, voir aussi notre article Les cartilages s’usent.
Quels types de collagène sont étudiés pour les articulations ?
Les essais portent surtout sur deux formes : le collagène hydrolysé (des peptides, c’est-à-dire des fragments de collagène, issus d’os ou de peau de bovin, de porc ou de poisson) et le collagène de type II non dénaturé, appelé UC-II, extrait de cartilage de poulet. La gélatine est un collagène partiellement hydrolysé, surtout utilisé en cuisine.
Le collagène de type I est le plus abondant dans les tendons et les os ; le type II est le composant principal du cartilage. Des expériences en laboratoire et chez l’animal ont observé des effets de fragments de collagène sur des cellules de cartilage. L’EFSA a toutefois jugé en 2011 que ces données ne permettent pas de prédire un effet chez l’humain. La membrane de coquille d’œuf est une autre source de collagène (types I, V et X) : sa composition et les études publiées sont détaillées dans notre article sur le collagène de coquille d’œuf Ovomet®.
Que disent les essais cliniques sur le collagène et l’arthrose ?
Les essais cliniques donnent des résultats moyens favorables, très variables selon les études, et sans preuve solide à long terme. Le tableau résume les cinq sources les plus utiles, avec leurs réserves.
| Source | Type | Ce que rapportent les auteurs | Réserves |
|---|---|---|---|
| García-Coronado et al., 2019 | Méta-analyse d’essais contre placebo, collagène oral | Score total WOMAC plus bas (−8,00 ; IC 95 % −13,04 à −2,95) et douleur sur échelle visuelle plus basse | Pas de différence significative sur les sous-scores « douleur » et « fonction » du WOMAC |
| Simental-Mendía et al., 2025 | Méta-analyse, 11 essais, 870 participants, arthrose du genou | Scores de fonction (−6,46) et de douleur (−13,63) plus bas sous collagène | Hétérogénéité forte : I² de 75 % (fonction) et 88 % (douleur) |
| Liu et al., 2018 | Revue et méta-analyse : 69 essais, 20 compléments | Le collagène hydrolysé figure parmi les 7 compléments avec un effet important sur la douleur à court terme | Aucun complément n’a d’effet cliniquement important à long terme ; qualité de preuve de très basse à haute |
| Lugo et al., 2016 | Essai randomisé, 191 volontaires, genou, 180 jours | UC-II à 40 mg : score WOMAC total plus bas que sous placebo (p = 0,002) et que sous glucosamine et chondroïtine (p = 0,04) | Un seul essai ; les auteurs appellent à des études complémentaires |
| EFSA, 2011 | Avis scientifique sur une demande d’allégation (collagène hydrolysé) | Lien de cause à effet non établi avec le maintien des articulations | Dans l’essai chez 147 étudiants sportifs, aucune différence significative après correction pour les comparaisons multiples |
Pourquoi un résultat moyen favorable ne suffit pas à conclure
Une moyenne favorable cache des essais très hétérogènes : certains montrent un écart net, d’autres aucun, d’où des I² de 75 à 88 % en 2025. La revue de Liu note aussi que la qualité de la preuve va de très basse à haute selon les compléments, et qu’aucun n’a d’effet cliniquement important sur la douleur à long terme. L’Inserm range la glucosamine et la chondroïtine parmi les traitements dits « symptomatiques d’action lente » dont l’efficacité reste controversée.
Enfin, une étude qui mesure une différence de score ne démontre pas qu’un complément modifie la maladie elle-même. Aucune des sources ci-dessus ne montre que le collagène oral ralentit la destruction du cartilage.
Que recommandent les sociétés savantes pour l’arthrose ?
Elles placent l’exercice et la perte de poids avant tout complément. Les recommandations conjointes de l’American College of Rheumatology et de l’Arthritis Foundation (2019) donnent une recommandation forte à l’exercice, à la perte de poids en cas de surpoids ou d’obésité (genou, hanche), aux programmes d’éducation et d’autogestion, au tai-chi, à la canne et à certains traitements locaux ou médicamenteux. Le collagène n’est pas dans la liste de leur résumé. L’algorithme de l’ESCEO (2019) souligne l’importance des mesures non médicamenteuses à toutes les étapes.
Deux travaux chiffrent ces recommandations :
- la revue Cochrane de Fransen et al. (2015) porte sur l’exercice dans l’arthrose du genou : dans 44 essais (3 537 participants), l’exercice est associé à une douleur plus basse juste après le programme (écart moyen standardisé −0,49), avec une preuve jugée de haute qualité ;
- l’essai IDEA de Messier et al. (2013, 454 adultes en surpoids de 55 ans et plus, 18 mois) compare régime, exercice, ou les deux : le groupe combiné (11,4 % de poids perdu en moyenne) rapporte moins de douleur (3,6 contre 4,7 sur 20 pour l’exercice seul).
Côté quotidien, Ameli conseille la marche en dehors des poussées douloureuses, la perte de poids si nécessaire, une rééducation guidée au départ par un professionnel de la rééducation et, pour les crises, le paracétamol en première intention. L’Inserm cite l’exemple d’une heure de marche trois fois par semaine.
Vitamine C, collagène et cartilage : l’allégation autorisée
La demande d’allégation déposée pour le collagène hydrolysé a reçu un avis défavorable de l’EFSA en 2011. La principale allégation autorisée qui mentionne le collagène concerne la vitamine C : « la vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale des cartilages » (règlement (UE) n° 432/2012). Elle décrit le rôle d’un nutriment dans l’organisme ; elle ne dit rien d’un effet sur l’arthrose.
Effets indésirables et précautions
Dans la revue de Liu, les compléments n’ont pas montré de différence de sécurité avec le placebo (hors diacerein, un autre produit). Les risques propres au collagène viennent de son origine : le collagène de poisson est un allergène reconnu au Japon (Kobayashi et al., 2016), et les produits d’origine œuf demandent la même prudence que l’œuf (Dhanapala et al., 2015). Un collagène d’origine animale ne convient pas non plus aux régimes végétaliens.
Quand consulter un médecin ?
Consultez sans attendre si le genou gonfle, si la douleur est intense dès le matin ou en seconde partie de nuit, ou si la raideur matinale dépasse quinze minutes : Ameli décrit ces signes comme une poussée congestive d’arthrose. Consultez aussi pour toute douleur nouvelle, persistante ou qui gêne la marche, avant de commencer un complément, surtout si vous suivez un traitement.
Questions fréquentes sur le collagène et l’arthrose
- Quel est le meilleur collagène pour l’arthrose ? Les études citées ici portent sur des collagènes hydrolysés et sur du collagène non dénaturé de type II (UC-II). Elles ne permettent pas de désigner une source ou une forme supérieure aux autres. Le choix se discute avec un médecin, qui tient compte du diagnostic, des traitements en cours et des allergies.
- Le collagène de type II a-t-il été étudié dans l’arthrose ? Oui. Un essai randomisé de 191 volontaires (Lugo, 2016) a comparé 40 mg par jour de collagène de type II non dénaturé à un placebo et à l’association glucosamine-chondroïtine pendant 180 jours. Les auteurs rapportent un score WOMAC total plus bas dans le groupe UC-II et appellent à des études complémentaires.
- Le collagène marin est-il plus intéressant que les autres ? Les revues citées ne comparent pas les sources entre elles. Le collagène de poisson est un allergène reconnu (Kobayashi, 2016) et ne convient pas aux personnes allergiques au poisson.
- Un complément de collagène peut-il remplacer un traitement de l’arthrose ? Non. Les recommandations (ACR et Arthritis Foundation 2019, ESCEO 2019, Inserm) placent l’exercice et la perte de poids avant les compléments, et la prise en charge relève d’un médecin.
Références scientifiques
- 1Ricard-Blum S. The collagen family. Cold Spring Harbor Perspectives in Biology, 2011.PubMed
- 2García-Coronado J.M. et al. Effect of collagen supplementation on osteoarthritis symptoms: a meta-analysis of randomized placebo-controlled trials. International Orthopaedics, 2019.PubMed
- 3Simental-Mendía M. et al. Effect of collagen supplementation on knee osteoarthritis: an updated systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Clinical and Experimental Rheumatology, 2025.PubMed
- 4Liu X. et al. Dietary supplements for treating osteoarthritis: a systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 2018.PubMed
- 5Lugo J.P. et al. Efficacy and tolerability of an undenatured type II collagen supplement in modulating knee osteoarthritis symptoms. Nutrition Journal, 2016.PubMed
- 6EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies. Scientific Opinion on the substantiation of a health claim related to collagen hydrolysate and maintenance of joints. EFSA Journal, 2011 ; 9(7):2291.DOI
- 7Kolasinski S.L. et al. 2019 American College of Rheumatology/Arthritis Foundation guideline for the management of osteoarthritis of the hand, hip, and knee. Arthritis Care & Research, 2020.PubMed
- 8Bruyère O. et al. An updated algorithm recommendation for the management of knee osteoarthritis from the ESCEO. Seminars in Arthritis and Rheumatism, 2019.PubMed
- 9Fransen M. et al. Exercise for osteoarthritis of the knee. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015.PubMed
- 10Messier S.P. et al. Effects of intensive diet and exercise on knee joint loads, inflammation, and clinical outcomes among overweight and obese adults with knee osteoarthritis (IDEA). JAMA, 2013.PubMed
- 11Kobayashi Y. et al. Fish collagen is an important panallergen in the Japanese population. Allergy, 2016.PubMed
- 12Dhanapala P. et al. Cracking the egg: an insight into egg hypersensitivity. Molecular Immunology, 2015.PubMed
- 13Inserm. Dossier « Arthrose », 14/11/2022.inserm.fr
- 14Ameli. Arthrose du genou (gonarthrose) : symptômes et diagnostic ; traitement.ameli.fr
- 15Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste d’allégations de santé autorisées.eur-lex.europa.eu
- 16Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires.eur-lex.europa.eu
Ces publications sont citées à titre d’information scientifique. Elles ne constituent pas une allégation de santé au sens du règlement (CE) n° 1924/2006 et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.




