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Tout savoir sur le curcuma et l’ortie

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Épices colorées sur un étal de marché

Le curcuma et l’ortie sont souvent associés dans les compléments alimentaires, parfois avec du poivre noir. Que sait-on vraiment de ces plantes, que recouvre l’expression « ortie noire », et quelles précautions prendre ? Voici ce que disent les études et les agences sanitaires.

L’essentiel, avant d’aller plus loin

  • « Ortie noire » n’est pas une espèce. L’expression désigne surtout des compléments du commerce associant ortie et curcuma. L’ortie des compléments est l’ortie dioïque (Urtica dioica).
  • La curcumine, principe actif du curcuma, est mal absorbée seule. Chez l’humain, 20 mg de pipérine (poivre noir) ont augmenté sa biodisponibilité de 2 000 % (Shoba et al., 1998).
  • Des données encore limitées. Une méta-analyse de huit essais conclut à un effet du curcuma sur les symptômes articulaires, sans pouvoir trancher ; pour la feuille d’ortie, l’Agence européenne du médicament reconnaît un usage traditionnel, fondé sur l’ancienneté d’usage et non sur des essais.
  • Le curcuma n’est pas anodin en complément. L’ANSES a recensé 15 cas d’hépatite après la prise de compléments au curcuma et retient un repère de 153 mg de curcumine par jour pour un adulte de 60 kg, sous forme classique.
  • Avis médical avant d’en prendre si vous suivez un traitement, notamment anticoagulant, ou en cas de maladie des voies biliaires, de grossesse ou d’allaitement.

Curcuma et ortie : de quelles plantes parle-t-on ?

Le curcuma (Curcuma longa), ou « safran des Indes », est une plante de la famille du gingembre dont on utilise le rhizome, séché et réduit en poudre. L’ortie des compléments est l’ortie dioïque (Urtica dioica), dont on utilise surtout les feuilles.

Originaire du sud de l’Asie, le curcuma est cultivé depuis des millénaires en Inde, où il occupe une place centrale dans la cuisine et la médecine ayurvédique. Ses pigments jaunes, les curcuminoïdes, dont la curcumine, sont aussi utilisés comme colorant alimentaire (E100).

L’ortie pousse dans les régions tempérées du monde entier et se consomme depuis l’Antiquité, en soupe, en tisane ou en poudre. Ses feuilles contiennent des minéraux et des flavonoïdes.

Qu’est-ce que l’« ortie noire » ?

« Ortie noire » n’est pas le nom d’une espèce botanique. L’expression circule surtout comme nom commercial de compléments qui associent de la poudre d’ortie et du curcuma. L’ortie qu’ils contiennent est, en règle générale, l’ortie dioïque.

À ne pas confondre avec la ballote noire (Ballota nigra), une plante sauvage d’une autre famille dont les feuilles ressemblent à celles de l’ortie sans piquer. Pour savoir ce que contient un produit « ortie noire et curcuma », il faut lire sa composition : nom latin des plantes, teneur en curcumine, présence ou non de pipérine.

Ortie, curcuma et arthrose : que disent les études ?

Les données restent limitées. Pour le curcuma, une méta-analyse de 2016 portant sur huit essais conclut à un effet sur les symptômes articulaires avec environ 1 000 mg de curcumine par jour, tout en jugeant les essais trop peu nombreux et trop petits pour conclure. Pour l’ortie, les éléments reposent surtout sur l’usage traditionnel.

  • Curcuma : dans cette méta-analyse (Daily et al., 2016), trois essais montrent une baisse de la douleur par rapport au placebo, et la comparaison avec un médicament antidouleur (cinq essais) ne montre pas de différence significative. Les auteurs appellent à des études plus grandes et plus rigoureuses. À noter : la dose étudiée dépasse largement le repère de 153 mg de curcumine par jour retenu par l’ANSES pour la sécurité des compléments.
  • Feuille d’ortie : l’Agence européenne du médicament reconnaît son usage traditionnel en tisane pour soulager des douleurs articulaires mineures, sur la seule base de l’ancienneté d’usage (EMA, monographie Urticae folium).
  • Ortie appliquée sur la peau : un petit essai britannique (27 personnes) a testé l’application de feuilles d’ortie fraîches, donc de la piqûre, sur des douleurs de la base du pouce, avec un effet supérieur au placebo après une semaine (Randall et al., 2000). Cela ne dit rien de l’ortie avalée en gélule.

Une arthrose se diagnostique et se suit avec un médecin. Une douleur articulaire accompagnée d’un gonflement, d’une rougeur ou de fièvre justifie une consultation.

Pourquoi associer le curcuma au poivre noir ?

Parce que la curcumine est mal absorbée et vite éliminée. La pipérine du poivre noir freine sa dégradation dans l’intestin et le foie : chez des volontaires, 20 mg de pipérine associés à 2 g de curcumine ont augmenté sa biodisponibilité de 2 000 %, alors que la curcumine seule était indétectable ou presque dans le sang (Shoba et al., Planta Medica, 1998).

Ce gain a une contrepartie. L’ANSES souligne que les formes à biodisponibilité augmentée (pipérine, matrices lipidiques, encapsulation) exposent l’organisme à une dose interne plus élevée pour une même prise, et que la dose journalière admissible fixée par l’EFSA ne leur est pas applicable (ANSES, avis révisé du 12 mai 2022).

Quels sont les bienfaits de l’ortie en complément alimentaire ?

Aucun bienfait n’est officiellement reconnu pour l’ortie dans les compléments alimentaires : dans l’Union européenne, les allégations de santé portant sur les plantes restent en attente d’évaluation. Côté médicament, l’Agence européenne du médicament reconnaît deux usages traditionnels de la feuille d’ortie, en tisane : soulager des douleurs articulaires mineures, et augmenter le volume des urines pour « rincer » les voies urinaires en cas de troubles urinaires mineurs.

Ces usages reposent sur l’ancienneté d’usage, pas sur des essais cliniques. La monographie les réserve aux plus de 12 ans et les déconseille pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données.

Curcuma et ortie : quels effets secondaires et quelles contre-indications ?

Consommé en cuisine, le curcuma pose peu de questions : l’exposition de la population française par l’alimentation reste faible au regard de la dose journalière admissible. En complément, c’est différent : la nutrivigilance de l’ANSES a recueilli 120 signalements d’effets indésirables entre 2009 et 2021, dont 15 hépatites (Vigil’Anses n° 17, juin 2022).

SituationCurcuma en complémentFeuille d’ortie
Maladie des voies biliaires (calculs, obstruction)Déconseillé (ANSES)—
Traitement anticoagulant, anticancéreux ou immunosuppresseurDéconseillé sans avis médical (ANSES)Avis médical en cas de traitement
Signes d’atteinte du foie (jaunisse, urines foncées, fatigue)Arrêter et consulter—
Maladie cardiaque ou rénale sévère avec apport d’eau limité—Contre-indiquée (EMA)
Grossesse, allaitementAvis médicalDéconseillée (EMA)
EnfantsMédicaments au curcuma réservés à l’adulte (EMA)Pas avant 12 ans (EMA)
Allergie à la planteContre-indiquéContre-indiquée (EMA)
Sources : avis de l’ANSES, saisine 2019-SA-0111 ; Agence européenne du médicament, monographies Curcumae longae rhizoma et Urticae folium.

Les effets indésirables du curcuma les plus souvent signalés sont des troubles digestifs (nausées, diarrhées), des maux de tête et des vertiges. Les hépatites sont survenues de trois jours à un an après le début de la prise, et les personnes concernées n’avaient pour la plupart aucun antécédent hépatique.

Précautions avant de prendre du curcuma ou de l’ortie

  • Traitement en cours : demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien, en particulier si vous prenez un anticoagulant, un traitement contre le cancer ou un immunosuppresseur.
  • Dose : sous forme classique, l’ANSES ne voit pas de préoccupation particulière tant que l’apport ne dépasse pas 153 mg de curcumine par jour pour un adulte de 60 kg. Avec pipérine ou une forme « haute absorption », ce repère ne s’applique plus.
  • Pas de cumul : évitez d’associer plusieurs compléments contenant du curcuma, et méfiez-vous des formules qui l’associent à des plantes connues pour leur toxicité hépatique (extrait de thé vert, Garcinia cambogia).
  • Grossesse, allaitement, enfants : demandez un avis médical avant toute prise.
  • Allergies : vérifiez la liste complète des ingrédients, excipients compris.
  • Signes d’alerte : arrêtez et consultez en cas de jaunisse, d’urines foncées, de fatigue inhabituelle ou de douleurs abdominales. Un effet indésirable peut être déclaré sur le portail officiel de signalement des événements sanitaires, qui transmet à la nutrivigilance de l’ANSES.

Comment choisir un complément au curcuma ou à l’ortie ?

Lisez l’étiquette avant la promesse. Un produit sérieux indique le nom latin des plantes, la partie utilisée (rhizome, feuille, racine), la teneur en curcumine par dose journalière et la présence éventuelle de pipérine ou d’une forme à absorption renforcée. Le label bio renseigne sur le mode de culture, pas sur l’efficacité ni sur la sécurité de la dose.

Nov’Acti ne commercialise pas de complément au curcuma ou à l’ortie. Ses compléments alimentaires pour les articulations reposent sur d’autres ingrédients, comme la membrane de coquille d’œuf Ovomet® associée à la vitamine C d’acérola, ou les extraits de Boswellia, d’harpagophytum et de prêle.

Références scientifiques

  • 1ANSES. « Avis révisé relatif à l’évaluation des risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant du curcuma », saisine 2019-SA-0111, 12 mai 2022.ANSES
  • 2ANSES. « Curcuma ou curcumine dans les compléments alimentaires : des cas d’effets indésirables hépatiques ». Vigil’Anses n° 17, juin 2022.ANSES
  • 3Shoba G. et al. « Influence of piperine on the pharmacokinetics of curcumin in animals and human volunteers ». Planta Medica, 1998.PubMed
  • 4Daily J.W., Yang M., Park S. « Efficacy of turmeric extracts and curcumin for alleviating the symptoms of joint arthritis: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials ». Journal of Medicinal Food, 2016.PubMed
  • 5Randall C. et al. « Randomized controlled trial of nettle sting for treatment of base-of-thumb pain ». Journal of the Royal Society of Medicine, 2000.PubMed
  • 6Agence européenne du médicament (HMPC). « Community herbal monograph on Urtica dioica L.; Urtica urens L., folium ».ema.europa.eu
  • 7Agence européenne du médicament (HMPC). « Curcumae longae rhizoma ».ema.europa.eu

Cet article informe sur l’état des connaissances ; il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Retrouvez toute notre gamme dans la boutique Nov’Acti.

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