L’essentiel
- Ce que c’est. L’acide hyaluronique est une grosse molécule de sucre présente naturellement dans la peau, le liquide des articulations et tous les tissus conjonctifs. En gélule, c’est un complément alimentaire : rien à voir avec une injection, qui est un acte médical, ni avec un sérum, qui reste à la surface de la peau.
- Ce que disent les études. Cinq essais sur la peau, de 20 à 61 participants suivis 4 à 12 semaines, rapportent une meilleure hydratation ou des rides moins marquées qu’au départ ou que sous placebo ; ceux qui précisent la dose utilisent 120 à 200 mg d’acide hyaluronique par jour. Trois d’entre eux sont cosignés par des salariés d’un fabricant d’acide hyaluronique.
- Réglementation. Aucune allégation de santé n’est autorisée dans l’Union européenne pour l’acide hyaluronique : l’EFSA n’a validé ni l’allégation « articulations » (2009) ni l’allégation « hydratation de la peau » (2012).
- Précautions. Les essais publiés ne signalent pas d’effet indésirable, mais il n’existe pas de donnée au-delà de 12 mois. Avis médical pendant la grossesse ou l’allaitement, sous traitement, et en cas d’allergie à l’œuf, au poisson ou aux crustacés selon l’origine des ingrédients.
L’acide hyaluronique est surtout connu pour les injections esthétiques et les sérums hydratants. Il existe aussi en gélule, comme complément alimentaire. Cette page fait le point sur ce que devient l’acide hyaluronique une fois avalé, sur ce que mesurent réellement les études, sur ce que la réglementation permet d’en dire et sur les précautions à connaître avant une cure.
Qu’est-ce que l’acide hyaluronique ?
L’acide hyaluronique (on parle aussi de hyaluronane ou de hyaluronate de sodium) est un glycosaminoglycane, c’est-à-dire une longue chaîne de sucres. Le corps le fabrique lui-même : il est présent dans tous les tissus conjonctifs, notamment la peau et le liquide synovial qui baigne les articulations (Hsu et al., Nutrients, 2021). Sa particularité est de retenir l’eau, ce qui explique son usage en cosmétique.
Toutes les molécules d’acide hyaluronique ne se ressemblent pas. Leur taille, exprimée en poids moléculaire (en kilodaltons, kDa), varie de quelques unités à plusieurs milliers. Les études utilisent des produits différents sur ce point, et c’est l’une des raisons pour lesquelles leurs résultats ne se comparent pas directement.
Gélule, injection ou sérum : quelles différences ?
Le même nom recouvre trois usages qui n’ont ni le même statut ni les mêmes risques. L’injection est un acte médical, le sérum un cosmétique qui agit en surface, la gélule un complément alimentaire soumis au droit de l’alimentation. Les résultats obtenus avec l’une de ces formes ne s’appliquent pas aux deux autres.
| Forme | Statut | Où va la molécule | Qui peut l’administrer |
|---|---|---|---|
| Gélule, comprimé, poudre | Complément alimentaire | Avalée, elle est en grande partie découpée dans l’intestin avant d’être absorbée (données animales) | Vente libre |
| Injection (visage, articulation) | Dispositif médical | Déposée directement dans le derme ou dans l’articulation | Médecin uniquement |
| Sérum, crème | Cosmétique | Reste à la surface de la peau | Vente libre |
Les injections à visée esthétique ne peuvent être réalisées que par un médecin, rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Les risques propres aux injections, décrits par l’Assurance maladie, ne concernent pas les gélules : ce sont deux sujets distincts.
L’acide hyaluronique avalé est-il absorbé ?
En partie, et sous une forme découpée : c’est ce que montrent les études chez l’animal. Chez le rat, l’acide hyaluronique avalé résiste au suc gastrique et intestinal, puis il est découpé en petits fragments par les bactéries intestinales ; ces fragments sont absorbés dans le gros intestin et retrouvés jusque dans la peau (Kimura et al., Journal of Medicinal Food, 2016).
Une autre équipe a suivi, chez le rat et le chien, un acide hyaluronique rendu traçable par un marqueur radioactif : l’essentiel de la radioactivité est ressorti dans les selles, et une partie a été retrouvée dans les articulations, les vertèbres et la peau (Balogh et al., Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2008). Ces résultats portent sur des animaux ; ils ne disent pas quelle quantité atteint les tissus chez l’humain.
Acide hyaluronique en gélule : que disent les études sur la peau ?
Les essais publiés sur la peau testent, pour la plupart, 120 à 200 mg d’acide hyaluronique par jour pendant 4 à 12 semaines, sur des groupes de 20 à 61 personnes. Ils rapportent une hydratation plus élevée et des rides moins marquées qu’au départ ou que sous placebo. Les effectifs sont petits, les durées courtes, et plusieurs essais sont liés à un fabricant.
| Étude | Participants | Dose et durée | Placebo | Ce que rapportent les auteurs |
|---|---|---|---|---|
| Kawada, 2015 | 61 adultes à la peau sèche | 120 mg/jour, 6 semaines | Oui | Teneur en eau de la peau en hausse plus nette que sous placebo ; aucun effet indésirable lié au produit relevé par les dermatologues |
| Oe, 2017 | 60 adultes de 22 à 59 ans | 120 mg/jour, 12 semaines | Oui | Rides du coin de l’œil moins marquées que sous placebo à 8 semaines, pour l’une des deux formes testées |
| Hsu, 2021 | 40 adultes de 35 à 64 ans | 120 mg/jour, 12 semaines | Oui | Rides, hydratation, perte d’eau par la peau et élasticité meilleures que sous placebo à 12 semaines |
| Michelotti, 2021 | 60 femmes | 200 mg/jour, 28 jours | Oui | Hydratation +10,6 %, profondeur des rides −18,8 %, élasticité et fermeté +5,1 % dans le groupe supplémenté |
| Göllner, 2017 | 20 femmes de 45 à 60 ans | 1 dose/jour d’une boisson associant acide hyaluronique, biotine, vitamine C, cuivre et zinc, 40 jours | Non | Élasticité et hydratation en hausse, rugosité et profondeur des rides en baisse par rapport au départ ; bien toléré |
Trois points limitent la portée de ces résultats. D’abord, les essais de Kawada, Oe et Hsu sont cosignés par des salariés de Kewpie, un groupe japonais qui produit de l’acide hyaluronique, comme l’indiquent leurs déclarations de conflit d’intérêts. Ensuite, l’essai de Göllner n’a pas de groupe placebo et teste un mélange : on ne peut pas y isoler l’effet de l’acide hyaluronique. Enfin, aucun de ces essais ne dépasse 12 semaines ni 61 participants.
Pour aller plus loin sur la fermeté de la peau et les autres ingrédients étudiés, voir notre article sur les compléments alimentaires pour une peau relâchée.
Et pour les articulations ?
Les données sont plus minces et portent sur des personnes déjà diagnostiquées, pas sur la population générale. L’essai le plus long a suivi pendant 12 mois 60 personnes atteintes d’arthrose du genou, qui prenaient 200 mg d’acide hyaluronique par jour ou un placebo, en faisant chaque jour des exercices de renforcement de la cuisse (Tashiro et al., The Scientific World Journal, 2012).
Selon les auteurs, les symptômes se sont améliorés dans les deux groupes. L’écart en faveur de l’acide hyaluronique n’a été statistiquement significatif que chez les participants de 70 ans ou moins, et seulement aux 2e et 4e mois. Une revue publiée en 2016 par une équipe comprenant des salariés de Kewpie rassemble les essais japonais sur le sujet (Oe et al., Nutrition Journal, 2016).
Un genou douloureux relève d’abord d’un avis médical. Pour les autres ingrédients souvent associés à l’acide hyaluronique dans les formules « articulations », voir notre article sur la glucosamine et la chondroïtine.
Que dit la réglementation européenne ?
Aucune allégation de santé n’est autorisée pour l’acide hyaluronique dans l’Union européenne. Un complément qui en contient ne peut donc pas légalement promettre un effet sur la peau ou sur les articulations. Les allégations autorisées sont listées dans le registre européen des allégations, et aucune ne concerne l’acide hyaluronique.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a examiné en 2009 plusieurs allégations « articulations » de l’acide hyaluronique, sans les valider (EFSA Journal, 2009). En 2012, saisie d’une demande sur la protection de la peau contre la déshydratation, elle a conclu que le lien de cause à effet n’était pas établi, faute d’étude chez l’humain exploitable dans le dossier (EFSA Journal, 2012). La plupart des essais cités plus haut ont été publiés après cet avis.
L’acide hyaluronique en gélule est-il dangereux ?
Les essais publiés ne rapportent pas d’effet indésirable lié à l’acide hyaluronique pris par voie orale, sur des durées de 4 semaines à 12 mois. Cela ne vaut pas preuve d’innocuité à long terme : les effectifs sont petits et aucune donnée ne dépasse un an. Les précautions tiennent surtout à la situation de la personne et aux autres ingrédients de la formule.
- Grossesse et allaitement : aucune étude n’a été menée dans ces situations. Demandez un avis médical avant toute cure.
- Traitement en cours : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, en particulier si le complément associe d’autres actifs.
- Allergies : l’acide hyaluronique peut être produit par fermentation ou extrait de tissus animaux, et il est souvent associé à du collagène marin (poisson, crustacés) ou à de la membrane d’œuf. Lisez la liste des ingrédients et la mention des allergènes.
- Injections prévues ou récentes : les gélules ne remplacent ni ne prolongent une injection. Signalez toute supplémentation au médecin qui vous suit.
Collagène et acide hyaluronique : pourquoi les associer ?
Le collagène et l’acide hyaluronique sont deux constituants de la matrice qui soutient la peau et le cartilage : le premier forme la trame, le second retient l’eau autour d’elle. C’est ce qui justifie leur association dans de nombreuses formules. En revanche, les essais cités plus haut testent l’acide hyaluronique seul : l’intérêt de l’association n’a pas été mesuré en tant que tel.
Il existe une matière première qui réunit naturellement les deux : la membrane de coquille d’œuf. Elle contient du collagène de types I, V et X, de l’élastine et de l’acide hyaluronique, dans des proportions fixées par la nature et non par un assemblage. Nous détaillons sa composition dans notre page sur le collagène végétarien et dans notre article sur le collagène de coquille d’œuf Ovomet®. Pour la sécurité du collagène selon sa source, voir notre article sur les compléments au collagène, et pour ses différents rôles, les différents types de collagène.
Comment choisir un complément à l’acide hyaluronique ?
Le premier critère est la quantité d’acide hyaluronique par jour, en milligrammes : c’est elle qui permet de comparer un produit aux 120 à 200 mg testés dans les essais. Une étiquette qui ne l’indique pas ne permet aucune comparaison. Viennent ensuite l’origine, les autres ingrédients et les allergènes.
- La dose en mg par jour, pour la posologie recommandée, et non « par gélule ».
- L’origine de l’acide hyaluronique : fermentation, tissu animal ou ingrédient qui en contient naturellement, comme la membrane d’œuf.
- Les autres actifs et leurs doses : collagène, vitamine C, zinc… Seuls certains nutriments, comme la vitamine C ou le zinc, disposent d’allégations autorisées, et seulement au-delà d’une dose minimale.
- Les allergènes : œuf, poisson, crustacés, mollusques selon les sources de collagène.
- Le discours : un produit qui promet un résultat chiffré sur la peau ou les articulations grâce à l’acide hyaluronique sort du cadre réglementaire européen.
Où trouve-t-on de l’acide hyaluronique chez Nov’Acti ?
Nov’Acti n’ajoute pas d’acide hyaluronique isolé dans ses compléments. Celui qu’ils contiennent vient de la membrane de coquille d’œuf, qui en renferme naturellement environ 3 % selon son fabricant, l’entreprise espagnole Eggnovo (la teneur varie d’un lot et d’un grade à l’autre). Pour la dose journalière de 2 gélules, cela représente de l’ordre de 9 à 14 mg : bien moins que les 120 à 200 mg des essais sur l’acide hyaluronique isolé, dont les résultats ne peuvent donc pas être transposés à nos produits.
| Complément | Source d’acide hyaluronique | Membrane pour 2 gélules | Acide hyaluronique estimé* | Autres ingrédients | Allergènes |
|---|---|---|---|---|---|
| Beauty 9 | Membrane de coquille d’œuf Ovoderm® | 300 mg | ≈ 9 mg | Collagène marin hydrolysé Peptan® 200 mg, zinc, vitamines A et C (acérola) | Œuf, poissons, crustacés, mollusques |
| Articulations Efficacité Renforcée | Membrane de coquille d’œuf Ovomet® | 460 mg | ≈ 14 mg | Vitamine C d’acérola (24 mg) | Œuf |
* Estimation Nov’Acti : quantité de membrane pour 2 gélules × teneur de 3 % annoncée par Eggnovo. La membrane apporte en même temps du collagène de types I, V et X, de l’élastine, de la glucosamine et du sulfate de chondroïtine.
Le complément Articulations Efficacité Renforcée entre aussi dans la composition du Pack Ostéo-articulaire, du Pack Acti Dol et du Pack Mobilité Sport. Les compléments Souplesse et Renforcement osseux ne contiennent pas d’acide hyaluronique.
Vos questions sur l’acide hyaluronique en gélule
Combien de temps faut-il prendre de l’acide hyaluronique en gélule ?
Les essais sur la peau ont duré de 4 à 12 semaines, et les premières différences avec le placebo y ont été mesurées entre 4 et 8 semaines. Ce sont des moyennes de groupe : elles ne prédisent pas un résultat individuel.
Peut-on prendre de l’acide hyaluronique en gélule toute l’année ?
La plus longue étude publiée a duré 12 mois, sans effet indésirable signalé. Au-delà, il n’existe pas de donnée. Une prise continue se discute avec un médecin ou un pharmacien.
Vaut-il mieux une gélule ou un sérum à l’acide hyaluronique ?
Les deux ne se comparent pas : le sérum agit à la surface de la peau, la gélule est digérée puis absorbée en partie sous forme de fragments. Aucune étude ne les a mis face à face.
Un complément à l’acide hyaluronique convient-il aux végétariens ?
Cela dépend de l’origine de l’acide hyaluronique et des autres ingrédients. La membrane de coquille d’œuf convient à un régime ovo-végétarien, pas végétalien. Un produit qui l’associe à du collagène marin, comme Beauty 9, ne convient pas aux végétariens.
Combien d’acide hyaluronique y a-t-il dans la membrane de coquille d’œuf ?
Environ 3 % selon le fabricant Eggnovo, aux côtés de 22 % de collagène et de 25 % d’élastine pour la poudre Ovomet®. Ces teneurs varient d’un grade à l’autre de la même matière.
Références scientifiques
- 1Kawada C. et al. Journal of Clinical Biochemistry and Nutrition, 2015 ; 56(1):66-73.PubMed
- 2Oe M. et al. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2017 ; 10:267-273.PubMed
- 3Hsu T.F. et al. Nutrients, 2021 ; 13(7):2220.PubMed
- 4Michelotti A. et al. European Journal of Dermatology, 2021 ; 31(6):798-805.PubMed
- 5Göllner I. et al. Journal of Evidence-Based Complementary & Alternative Medicine, 2017 ; 22(4):816-823.PubMed
- 6Tashiro T. et al. The Scientific World Journal, 2012 ; 2012:167928.PubMed
- 7Oe M. et al. Nutrition Journal, 2016 ; 15:11.PubMed
- 8Kimura M. et al. Journal of Medicinal Food, 2016 ; 19(12):1172-1179.PubMed
- 9Balogh L. et al. Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2008 ; 56(22):10582-10593.PubMed
- 10EFSA NDA Panel. Hyaluronic acid and maintenance of joints. EFSA Journal, 2009 ; 7(9):1266.EFSA
- 11EFSA NDA Panel. Hyaluronic acid and protection of the skin against dehydration. EFSA Journal, 2012 ; 10(7):2806.Wiley
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