Le collagène sert de charpente au corps humain. Cette protéine donne leur résistance et leur tenue à la peau, aux os, aux tendons, aux ligaments, aux cartilages et aux vaisseaux sanguins. Elle représente environ un tiers des protéines du corps et existe sous 28 types différents, dont le type I est de loin le plus répandu.
L’essentiel
- Un rôle de structure. Chez l’être humain, le collagène représente environ un tiers des protéines totales et les trois quarts du poids sec de la peau (Shoulders et Raines, Annual Review of Biochemistry, 2009).
- 28 types, six à connaître. Type I : peau, os, dents, tendons. Type II : cartilages. Type III : peau, muscles, vaisseaux. Type IV : membranes basales. Type V : mêlé au type I. Type X : cartilage de croissance.
- Une production qui ralentit avec l’âge. En laboratoire, les cellules de peau de personnes de plus de 80 ans produisent 56 ng/ml de procollagène de type I, contre 82 ng/ml chez les 18-29 ans (Varani et al., 2006).
- Seulement dans les aliments d’origine animale : peau, os, cartilages, arêtes, gélatine. Aucune plante n’en contient. Avalé, le collagène est digéré en acides aminés et en petits fragments.
- Aucune allégation de santé n’est autorisée pour le collagène dans l’Union européenne. Les seules allégations autorisées qui le mentionnent portent sur la vitamine C, qui « contribue à la formation normale de collagène ».
À quoi sert le collagène dans le corps ?
Le collagène est la protéine de structure du corps. Il forme des fibres, ou des réseaux, qui maintiennent les cellules ensemble et encaissent les contraintes mécaniques : il donne à la peau sa résistance à l’étirement, aux ligaments leur résistance à la traction, et sert de trame à l’os et au cartilage. Sans lui, les tissus n’auraient ni forme ni solidité.
C’est la protéine la plus abondante chez les animaux. Chez l’être humain, il représente environ un tiers des protéines totales, les trois quarts du poids sec de la peau, et il est le premier composant de la matrice extracellulaire, le « ciment » dans lequel baignent les cellules (Shoulders et Raines, 2009).
Le corps le fabrique lui-même, dans chaque tissu : les fibroblastes dans la peau et les tendons, les chondrocytes dans le cartilage, les ostéoblastes dans l’os.
Quels sont les différents types de collagène ?
On connaît aujourd’hui 28 types de collagène, numérotés en chiffres romains. Tous partagent la même structure de base, une triple hélice formée de trois chaînes de protéines, mais ils diffèrent par leur localisation et leur architecture : la plupart forment des fibres (types I, II, III, V), le type IV forme un réseau. Six types reviennent dans la plupart des questions.
| Type | Où il se trouve dans le corps | Son rôle | Sources alimentaires et compléments |
|---|---|---|---|
| Type I | Peau, os, dents, tendons, ligaments, vaisseaux, organes | Le plus répandu : fibres épaisses qui résistent à l’étirement | Peau et écailles de poisson (collagène marin), peau et os de bœuf ou de porc, membrane de coquille d’œuf |
| Type II | Cartilages | Trame de fibres fines du cartilage | Cartilage, de poulet notamment |
| Type III | Peau, muscles, vaisseaux sanguins | Accompagne le type I dans les tissus souples | Peau et tissus de bœuf ou de porc, avec le type I |
| Type IV | Membranes basales, les fines couches sur lesquelles reposent les cellules | Forme un réseau, pas des fibres | Pas de source mise en avant |
| Type V | En petite quantité, mêlé au type I : cornée, peau, placenta | Règle l’assemblage des fibres de type I | Membrane de coquille d’œuf (environ 1 part pour 100 de type I) |
| Type X | Cartilage de croissance, là où le cartilage se transforme en os | Participe à la régulation de la minéralisation | Membrane de coquille d’œuf |
Collagène de type 1, 2, 3, 5 ou 10 : quelles différences ?
Chaque type correspond à un tissu et à une fonction. Le type 1 fait la solidité de la peau, des os et des tendons, le type 2 la trame du cartilage, le type 3 la souplesse des tissus mous. Les types 5 et 10 sont minoritaires, mais ils interviennent dans l’assemblage des fibres et dans la formation de l’os.
Type 1 (I) : le collagène de la peau, des os et des tendons
Le type I est le collagène le plus courant du corps. On le trouve dans la peau, les os, les dents, les tendons, les ligaments et les organes (León-López et al., 2019). Ses fibres épaisses résistent à l’étirement. C’est aussi le type le plus présent dans les compléments : le collagène marin, tiré de la peau et des écailles de poisson, est essentiellement du type I.
Type 2 (II) : le collagène du cartilage
Le type II forme dans le cartilage une trame de fibres plus fines que celles du type I (Shoulders et Raines, 2009). Dans les compléments, il est surtout extrait de cartilage de poulet, sous forme hydrolysée ou native. Comme les autres types, il n’a aucune allégation de santé autorisée dans l’Union européenne.
Type 3 (III) : le compagnon du type 1 dans les tissus souples
Le type III se trouve surtout dans la peau, les muscles et la paroi des vaisseaux sanguins, où il accompagne le type I. Dans la peau, c’est la production de ces deux types qui diminue avec l’âge (Varani et al., 2006). Le collagène bovin en apporte, à côté du type I.
Type 4 (IV) : le réseau des membranes basales
Le type IV ne forme pas de fibres mais un réseau, dans les membranes basales : les fines couches sur lesquelles reposent la peau, les vaisseaux et la plupart des tissus de revêtement. Il n’est pas mis en avant dans les compléments.
Type 5 (V) : le régulateur des fibres de type 1
Présent en petite quantité, le type V s’insère au cœur des fibres de type I et en règle l’assemblage, en particulier dans la cornée (Birk, 2001). Dans la membrane de coquille d’œuf, il est présent à raison d’environ 1 part pour 100 parts de type I (Wong et al., 1984).
Type 10 (X) : le collagène du cartilage qui devient os
Le type X est produit uniquement par les cellules du cartilage de croissance arrivées à maturité, juste avant que ce cartilage ne soit remplacé par de l’os ; il participe à la régulation de la minéralisation (Shen, 2005). On le retrouve aussi dans la membrane de coquille d’œuf (Arias et al., 1991).
Pourquoi produit-on moins de collagène avec l’âge ?
Parce que les cellules qui le fabriquent ralentissent. Dans une étude de l’université du Michigan, les fibroblastes prélevés dans la peau de personnes de plus de 80 ans produisaient 56 ng/ml de procollagène de type I, contre 82 ng/ml pour ceux de personnes de 18 à 29 ans, soit près d’un tiers de moins (Varani et al., American Journal of Pathology, 2006).
Les auteurs décrivent un second mécanisme : dans une peau âgée, les cellules sont moins attachées aux fibres de collagène (58 % de leur surface, contre 78 % dans une peau jeune), donc moins stimulées mécaniquement à en produire.
Mesurée directement dans la peau de l’avant-bras, la quantité de collagène diminue avec l’âge, et elle est plus faible chez les femmes que chez les hommes à tous les âges (Shuster et al., British Journal of Dermatology, 1975). Il n’existe pas d’âge seuil : ces études comparent des groupes d’âge, elles ne fixent pas de date de début.
Comment le corps fabrique-t-il son collagène ?
Il l’assemble à partir d’acides aminés, surtout la glycine, qui représente environ 33 % de sa composition, la proline et l’hydroxyproline, environ 22 % à elles deux (León-López et al., 2019). Une étape clé transforme une partie de la proline en hydroxyproline, grâce à une enzyme, la prolyl 4-hydroxylase : sans hydroxyproline, la triple hélice n’est pas stable (Shoulders et Raines, 2009).
La vitamine C participe à cette fabrication. Dans l’Union européenne, les seules allégations de santé autorisées qui mentionnent le collagène la concernent : « La vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau », et de la même façon celle des os, des cartilages, des gencives, des dents et des vaisseaux sanguins (règlement (UE) n° 432/2012). On la trouve dans les fruits et légumes frais.
Où trouver du collagène dans l’alimentation ?
Uniquement dans les aliments d’origine animale, et surtout dans les parties que l’on mange peu : peau, cartilages, tendons, os, arêtes et écailles. La gélatine, les bouillons d’os longuement mijotés, la peau de volaille ou de poisson et les morceaux riches en tissu conjonctif en apportent. Le lait, le blanc et le jaune d’œuf n’en contiennent pas.
Aucune plante n’en contient. Le seul collagène compatible avec un régime végétarien vient de la fine membrane qui tapisse l’intérieur de la coquille d’œuf : nous le détaillons dans notre page sur le collagène végétarien issu de la membrane de coquille d’œuf.
Qu’il vienne d’un bouillon ou d’une gélule, le collagène avalé ne rejoint pas tel quel la peau ou le cartilage : il est digéré en acides aminés et en petits peptides. Après la prise de 9,4 à 23 g d’hydrolysat de gélatine, des volontaires en bonne santé présentaient dans le sang des fragments contenant de l’hydroxyproline, surtout le dipeptide Pro-Hyp, avec un pic une à deux heures après la prise (Iwai et al., 2005). Ce que l’organisme fait ensuite de ces fragments reste étudié.
Quels types de collagène trouve-t-on dans les compléments alimentaires ?
Le type dépend de la source. Le collagène marin, tiré de la peau et des écailles de poisson, apporte surtout du type I ; le collagène bovin, des types I et III ; le cartilage de poulet, du type II ; la membrane de coquille d’œuf, des types I, V et X, avec de l’élastine, de l’acide hyaluronique, de la glucosamine et du sulfate de chondroïtine selon son fabricant, Eggnovo.
Le mot « collagène » seul, sur un emballage, ne dit rien du type : c’est la source indiquée dans la liste des ingrédients qui renseigne. Chez Nov’Acti, deux compléments contiennent du collagène, et leur étiquette précise lequel :
- Articulations Efficacité Renforcée : 460 mg de membrane de coquille d’œuf Ovomet® (collagènes de types I, V et X) et 24 mg de vitamine C d’acérola (30 % des valeurs nutritionnelles de référence) pour 2 gélules. Sans poisson ni bovin : il convient aux végétariens, pas aux personnes allergiques à l’œuf.
- Beauty 9 : 300 mg de membrane de coquille d’œuf Ovoderm® et 200 mg de collagène marin hydrolysé Peptan® (type I) pour 2 gélules, avec 12 mg de vitamine C (15 % des valeurs nutritionnelles de référence). Allergènes : œuf, poissons, crustacés, mollusques.
Collagène hydrolysé ou natif : quelle différence ?
C’est une question de taille. Le collagène natif garde sa triple hélice : une grosse molécule d’environ 300 kDa. Chauffé au-delà de 40 °C, il se dénature et ses trois chaînes se séparent, c’est le principe de la gélatine. Découpé ensuite par des enzymes, il devient du collagène hydrolysé, aussi appelé peptides de collagène : des fragments de 3 à 6 kDa (León-López et al., 2019).
Le collagène marin des compléments est le plus souvent vendu hydrolysé. Le type II est aussi proposé sous forme native, dite « non dénaturée ». La petite taille des peptides est l’argument avancé pour la forme hydrolysée : on retrouve bien des fragments dans le sang après ingestion, sans que cela dise où ils vont ensuite.
La membrane de coquille d’œuf est un cas à part : ce n’est pas un collagène extrait puis purifié, mais la membrane entière, séparée de la coquille par un procédé mécanique breveté, sans solvant (brevets ES 2181580 B1 et ES 2327087 B2).
Quelles précautions avant de prendre du collagène ?
- Allergies : le collagène marin peut provenir de poissons, de crustacés ou de mollusques ; la membrane de coquille d’œuf contient de l’œuf. Lisez la liste des allergènes sur l’étiquette.
- Origine animale : le collagène bovin ou porcin ne convient pas à tous les régimes alimentaires. Vérifiez la source indiquée.
- Grossesse, allaitement, traitement en cours : demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de commencer.
- Un complément alimentaire ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain.
Les risques propres à chaque source sont détaillés dans notre article sur la sécurité du collagène selon son origine : marin, bovin ou œuf.
Questions fréquentes sur le collagène
Collagène de type 1 ou de type 2 : lequel choisir ?
Ils ne se remplacent pas l’un l’autre : le type 1 est le collagène de la peau, des os et des tendons, le type 2 celui du cartilage. Aucun des deux n’a d’allégation de santé autorisée dans l’Union européenne ; le choix se fait donc sur la source, le type et la composition indiqués sur l’étiquette.
Collagène marin ou bovin : quelle différence ?
La source et le type. Le collagène marin vient de la peau et des écailles de poisson et apporte surtout du type I ; le collagène bovin vient de la peau et des os de bœuf et apporte des types I et III. Le premier est exclu en cas d’allergie au poisson, le second ne convient pas à tous les régimes alimentaires.
Le collagène fait-il grossir ?
Le collagène est une protéine : comme toutes les protéines, il apporte 4 kcal par gramme (règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIV). Une dose de 10 g de poudre représente donc environ 40 kcal ; une prise de gélules dosées à 500 mg, environ 2 kcal.
Faut-il associer collagène et vitamine C ?
La vitamine C contribue à la formation normale de collagène : c’est une allégation autorisée dans l’Union européenne. Les fruits et légumes frais en apportent ; certains compléments l’associent au collagène, avec une teneur indiquée sur l’étiquette en milligrammes et en pourcentage des valeurs nutritionnelles de référence.
Peut-on faire du collagène maison ?
On ne fabrique pas de collagène en cuisine, mais on peut en extraire. Un bouillon d’os, de cartilages ou de pattes de volaille mijoté plusieurs heures libère de la gélatine, c’est-à-dire du collagène dénaturé par la chaleur : c’est elle qui fait prendre le bouillon en gelée en refroidissant. Sa teneur varie selon les morceaux et la durée de cuisson.
Références scientifiques
- 1Shoulders M.D., Raines R.T. « Collagen structure and stability ». Annual Review of Biochemistry, 2009;78:929-958.PubMed
- 2León-López A. et al. « Hydrolyzed Collagen—Sources and Applications ». Molecules, 2019;24(22):4031.PubMed
- 3Varani J. et al. « Decreased collagen production in chronologically aged skin ». American Journal of Pathology, 2006;168(6):1861-1868.PubMed
- 4Shuster S., Black M.M., McVitie E. « The influence of age and sex on skin thickness, skin collagen and density ». British Journal of Dermatology, 1975;93(6):639-643.PubMed
- 5Birk D.E. « Type V collagen: heterotypic type I/V collagen interactions in the regulation of fibril assembly ». Micron, 2001;32(3):223-237.PubMed
- 6Shen G. « The role of type X collagen in facilitating and regulating endochondral ossification of articular cartilage ». Orthodontics & Craniofacial Research, 2005;8(1):11-17.PubMed
- 7Iwai K. et al. « Identification of food-derived collagen peptides in human blood after oral ingestion of gelatin hydrolysates ». Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2005;53(16):6531-6536.PubMed
- 8Wong M. et al. « Collagen in the egg shell membranes of the hen ». Developmental Biology, 1984;104(1):28-36.PubMed
- 9Arias J.L. et al. « Collagens of the chicken eggshell membranes ». Connective Tissue Research, 1991;26(1-2):37-45.PubMed
- 10Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées.eur-lex.europa.eu
- 11Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, annexe XIV.eur-lex.europa.eu
Cet article informe sur l’état des connaissances ; il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
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